Quand bascule-t-on dans les poubelles de l’histoire ? Cette question doit sérieusement tarauder Manuel Valls. Après s’être fracassé en janvier sur la question de la nationalité, l’exécutif est aujourd’hui marginalisé sur la question de la loi travail. La victoire des mouvements sociaux signerait, sinon sa mort politique, a minima de longues années de purgatoire. Deux décennies furent nécessaires pour recycler Alain Juppé. Le problème est que l’alternative, tenir, est un désastre pour le pays. La voie du passage en force tourne désormais au jeu de massacre. Non seulement dans la rue et sur les barrages, mais au sein même du Parti socialiste : à l’Assemblée, au gouvernement, la majorité s’effiloche. Dans l’opinion, la messe est dite : le pouvoir doit retirer sa loi, et c’est lui qui porte la responsabilité de l’escalade de la tension.